Un pendu retrouvé chez lui… huit ans après sa mort.

Kairouan un adolescent retrouve pendu chez lui

Source : http://www.lefigaro.fr/

 

En plein centre-ville de Bussy-Saint-Georges (Seine-et-Marne), un homme a été retrouvé pendu à son domicile… huit ans après s’être donné la mort. Il a été découvert par l’acquéreur de son appartement. Faute de paiement des traites, ce dernier avait en effet été saisi et vendu aux enchères.

«Le pendu» sera passé de l’indifférence au buzz. À Bussy-Saint-Georges, en Seine-et-Marne, cet homme ignoré de tous pendant des années est désormais l’objet de toutes les conversations et d’une enquête qui laisse la police médusée. Cet homme, habitant au cœur de la ville, entouré de voisins dans une résidence cossue de 6 étages, a été retrouvé pendu à son domicile, huit ans après s’être donné la mort. Momifié au bout de sa corde, autour d’un drap coincé au faîte d’une porte intérieure, rapporte un enquêteur en charge du dossier, confié au commissariat de Lagny-sur-Marne.

L’homme allait avoir 50 ans le 15 novembre prochain. «Drame de la solitude urbaine», commente Florent Perez, le directeur du cabinet du maire de Bussy-Saint-Georges. «C’est le problème de ces cités-dortoirs, ces villes nouvelles sorties ex nihilo, analyse un enquêteur. On y dort, on n’y vit pas. On part tôt le matin pour le boulot, on rentre tard le soir, on ne se croise même pas». La boîte aux lettres vomissant mille tracts et courriers n’a étonné personne. L’eau, l’électricité et les impôts impayés n’ont alerté aucun service, aucune administration, pas plus d’huissier que d’agent de recouvrement. «Étonnant quand on sait qu’ils se déplacent pour moins que ça», s’interroge le commandant Ricci du commissariat de Lagny-sur-Marne.

Sans femme, sans enfant mais pas sans famille

Sans femme et sans enfant, d’origine cambodgienne mais de nationalité française, cet ancien agent de sécurité avait des frères et sœurs dans le Val-d’Oise qu’il n’avait plus vus depuis 2001, selon la police. Date à laquelle, l’homme avait engagé une procédure devant les prud’hommes de Meaux, contestant son licenciement. «On attend les résultats de l’autopsie pratiquée mardi, indique un policier, mais on s’oriente clairement vers un suicide par pendaison».

Si le syndic de copropriété s’est alarmé, c’est la banque qui, avec 14.000 euros d’impayés sur le crédit immobilier que l’homme avait contracté pour acheter son appartement, a intenté une action en justice. Une action engagée il y a quelques semaines, aboutissant à la saisie du bien, un F3, qui a été vendu dans la foulée aux enchères. Au rabais (2500 euros le mètre carré au lieu des 4500 euros du prix du marché pour le secteur, selon la mairie) et sans que quiconque y mette les pieds pour le métrer ou obtenir les informations nécessaires à la vente, faut-il croire, puisque c’est l’acquéreur lui-même, assurent les enquêteurs, qui, vendredi dernier, a fait la macabre découverte en pénétrant avec un serrurier. «Il a été très choqué», relate un policier qui, lui-même, a trouvé la scène «très particulière», le corps momifié laissant songer à «une œuvre de Picasso ou de Matisse». La dépouille qui était «en parfait état, tout comme l’appartement», selon les policiers, explique sans doute pourquoi «aucune odeur» suspecte n’a été perçue par quiconque dans l’immeuble.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *