ROMEO ET JULIETTE CREEPYPASTA

 

 

Lorsque l’amour conduit parfois à des fins tragiques

Mon nom est Fatili. Fatili Payne pour être plus précis. J’ai dix-sept ans, j’aborde un style emo, contrairement à mon petit ami, Jeff, qui, lui, a plutôt un style Street.

Cependant, Jeff déménage aujourd’hui et cela me blesse profondément. Moi qui rêvait d’une relation stable et non à distance, après trois mois de couple, voilà qu’il doit déménager à deux heures de chez moi.
Je sais que c’est pour le travail de son père, mais tout de même! Pourquoi aussi loin? Je ne pourrais le voir qu’une fois par mois, maintenant ! Lui et moi qui sommes si fusionnels et semblable à deux sangsues, ça va nous faire un choc!
Je regarde le camion de déménagement et la voiture de sa famille, ainsi que lui, partir doucement. Ca me brise le cœur rien que de voir cet acte pourtant si banale de la vie quotidienne. Mais c’est pourtant le cas. J’ai l’impression qu’on est en train de rompre et qu’il part faire sa vie ailleurs, loin de moi.
Ma mère m’appelle et je suis obligée de stopper cette torture intérieure pendant quelques instants.
*
Je m’allonge enfin sur mon lit, désormais seule. Je cherche dans mon IPhone un quelconque signe. Pas même un message ni un appel. Rien, quetchi, nada, quedal, zéro.
Il doit être occupé.. Je me dis, n’en croyant pourtant pas un mot.
D’habitude, il m’aurait appelé pour savoir comment était ma journée, malgré le fait qu’on l’ai passé une grande partie ensemble. Je tente de penser à autre chose, et décide de, pour une fois, faire mes devoirs.
Chose que je regrette bien vite puisque je ne comprends rien du tout. Mais rien de chez rien. Il me faut au moins dix minutes pour comprendre que je dois recopier le tableau afin de le compléter.
Non mais quelle nunuche, j’te jure..
Finalement, après trente malheureuses minutes à tenter de faire le tableau, je déclare forfait et lève le drapeau blanc avant de tout ranger en vrac dans mon sac.
Je descends prendre mes somnifères pour dormir et remonte me coucher, regardant une dernière fois mon portable, une dernière lueur d’espoir se reflétant dans mes yeux.
*
Je me réveille la tête dans le cul pour être franche. Je viens de passer une semaine complètement merdique sans lui à mes côtés.
Evidemment, n’étant plus là pour me protéger, les autres en profitent pour recommencer leur petite torture sur moi. Rebonjour alors les insultes, les humiliations et les coups.
Je me lève d’ailleurs, une grimace sur mes lèvres et me dirige vers la salle de bain. En soulevant mon t-shirt face aux miroirs, de magnifiques hématomes sont formés sur la peau de mon ventre qui n’a rien demandé à qui que ce soit.
Je soupire et me déshabille avant de monter sous la douche. Je fredonne un air de je ne sais plus quelle chanson tout en laissant mes larmes ruisselées sur mes joues. Je suis en train de pleurer en quémandant au seigneur ce que j’ai bien pu faire pour être dans une merde pareille.
Je n’ai rien dit à mon petit ami afin de ne pas l’inquiéter d’avantage et qu’il ne se batte pas avec eux, comme il le faisait à l’époque.
Puis mes pleurs se transforment en rires. Oui, je ris sous la douche de mon triste sort. Je me fou de ma propre gueule. Cette fois c’est sûr, je suis devenue folle, je suis complètement déglinguée dans ma tête.
Je sors de la douche et me regarde dans le miroir, mes yeux gris me transperçant et me donnant froid dans le dos rien que de voir mon visage. J’attrape ma trousse de maquillage et commence à forger mon masque pour une nouvelle journée où j’aurais préparé tout d’avance telle une pièce de théâtre, dont je serais l’actrice principale.
Et quand le masque est fini, je m’entraîne à bien sourire pour passer inaperçue devant mes parents et mes professeurs.
Le spectacle peut commencer.. Je murmure intérieurement en dépassant le seuil de la salle de bain.
*
Je rentre chez moi, en larmes. Je balance mon sac je ne sais où, mais tant que j’en suis débarrassée, c’est le plus important.
Je renverse tout ce qui se trouve sur mon passage pour atteindre ma chambre au plus vite. Ma mère ne doit pas être encore rentrée puisque je ne l’ai pas entendu me gueulé dessus encore.
Juste, je veux tout foutre en l’air. Je viens d’avoir un coup de file de la part de la mère de Jeff pour m’annoncer qu’il est à l’hôpital, des ados l’ont brûlé. Je hurle en jetant la vaisselle de la cuisine. C’est injuste ce qui se passe. Je n’ai rien demandé, moi! Je demandais juste à vivre aux côtés de mon copain pour le restant de mes jours!
Soudain, j’entends une voiture s’arrêtée et une clé rentrée en contact avec la serrure. Je déglutis, refoulant ma rage et me prépare à ce qui va arriver.
*
Je suis cloitrée en quatre murs depuis bientôt un mois, n’ayant aucune nouvelle de Jeff. Je suis sur le point d’hurler et de tout renverser, cependant, je n’ai rien d’autres dans ma chambre qu’un matelas désormais.
Ma mère m’a tout pris, de peur que je casse encore quelque chose.
Je soupire et m’allonge sur le matelas bien foutu. Je dessine des cœurs avec mon index, resongeant à mon chéri. Soudain j’entends mon portable vibré et je saute dessus en espérant que c’est un message de Jeff.
Je lâche l’appareil en couvrant ma bouche pour m’empêcher de crier, sous le choc. Ce que je vois sur cette photo n’est pas mon copain. C’est impossible! C’est une farce, n’est-ce pas?
Le vibreur du téléphone retentit de nouveau et je le reprends, ignorant le visage monstrueux qu’affiche l’écran.
JE ME SUIS UN SOURIRE AFIN DE TOUJOURS SOURIRE POUR TOI PRINCESSE, ET JE ME SUIS BRÛLER LES PAUPIERES AFIN DE TOUJOURS VOIR LE TIENS.
C’est bien mon Jeff. Je pleure jusqu’à ne plus pouvoir verser une larme, tellement je m’en veux. C’est de ma faute s’il a ce physique désormais.
Je suis vraiment une merde, un poison. Les autres ont raison, je fais du mal à tout le monde, je porte la poisse. Vaudrait mieux que je meurs.
*
Un couteau à la main, je me dessine le même sourire que Jeff, je suis sûre que ça lui ferait plaisir de me voir comme lui le jour de mon enterrement. J’aime Jeff, mais lui ne doit pas m’avoir dans sa vie.
Je dirige ensuite la lame vers mes poignets et commence à appuyer, ouvrant la peau et faisant couler abondamment le sang.
Je ne sais pas si je ris ou pleurs, mais je sais une chose: j’ai fait du bruit puisque je vois ma mère en face de moi, épouvantée par le spectacle et composant le numéro des pompiers.
Pour ma part, je ne fais que fermer les yeux, me disant que tout ce cauchemar est terminé pour de bon.
*
De l’air. Je sens de l’air remplir mes poumons alors que je me réveille dans une pièce totalement blanche. Ma mère est assise sur une chaise et est en train de prier. Elle est sa religion à la con. Personnellement, je n’ai jamais cru en rien. Pour moi c’est de la pure connerie.
Lorsque je regarde mes poignets, recousue, je recouvre vite la mémoire et me rappel mes erreurs.
J’ai tenté de mettre fin à mes jours.
*
Le corps gisant de ma mère, chevauchée de ceux de mes camarades, jonche le sol. Je viens de commettre un carnage meurtrier.
Maman… Je suis navrée mais je devais te le faire subir, toi qui n’as jamais tenté de me comprendre. Je te déteste!
Je commence par la suite par dresser la table autour de laquelle je dresserais les corps sans vies de mes invités. La table est magnifique, couvée de perles et de soie blanche. L’argenterie de la vaisselle luie à la lueur des bougies. Je suis si fière de mon travail, ma mère en serait tout autant.
Après je prends mes invités un à un et les dispose autour de la table, clouant à la chaise, certains, ne tenant pas droit dessus. J’asperge ensuite tout le monde d’alcool ainsi que le sol, les murs pour finir la course vers la sortie de derrière.
Et alors que je prends un selfie de moi et de mes amis les cadavres, la sirène des forces de l’ordre retentit et je l’envoie instantanément à Jeff. Je sors le briquet de ma poche et je mets le feu à ma maison afin de brûler tous ceux qui ne nous ont jamais aimés, Jeff et moi.

Au final, notre histoire, à lui et moi, est digne d’une pure tragédie morbide de Roméo et Juliette.

PS : Ecrit par Eva Jdt (elle n’avait pas donné de nom à la pasta alors je me suis permise d’en mettre un)

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