POST IT CREEPYPASTA

 

 

 

dimanche 7 août 2016
Post-it
Lorsqu’on était petits, ma sœur et moi avions un rituel particulier, le soir, pendant parfois plusieurs heures, avant d’aller nous coucher. On s’envoyait des post-it sous les portes de nos chambres, et il fallait être rapide pour ne pas se faire prendre par nos parents.

C’était des petits mots, des blagues, des dessins comiques, des moqueries, bref, le genre de conneries que deux frangins s’enverraient.

Et puis, il y a eu ce soir-là en 1999.

Une fois rentré du collège, j’étais directement monté dans ma chambre après être passé dire bonjour à ma mère. Je voulais geeker et profiter de ma soirée, je m’étais donc fait un sandwich accompagné de chips, puis je me suis enfermé. Après avoir fait mes devoirs, j’ai joué à la Gameboy sans prêter attention au temps qui passait.

Il était 22 heures, c’était en général le moment où on commençait à se glisser des post-it sous nos portes. J’étais dans une partie de Pokémon quand j’ai entendu un petit bruit de feuille froissée. J’ai souri et je me suis penché pour ramasser le bout de papier.

En lettres capitales, il y était écrit au surligneur rose :

« coucou toi »

Il y avait un petit dessin qui représentait un œil rond entouré de cils.

Ma sœur n’avait que 10 ans, son écriture était gauche et ses dessins maladroits. J’ai griffonné rapidement « salut petit rat » avec en dessous un visage souriant. Je me suis dépêché de glisser ma réponse sous la porte de la chambre de ma sœurette.

Alors que je venais à peine d’appuyer sur la poignée de la mienne pour la fermer, un second message a filé entre mes pieds.

« je suis pas poilue mais c’est vrai que j’ai des petites dents pointues » avec en dessous une tête de souris mal faite me tirant la langue.

Je soupçonnais ma sœur, vu sa rapidité, d’avoir préparé des post-it en avance, c’était cohérent vu que je la surnommais régulièrement avec des noms de rongeurs.

« C’est bien tu finis par le reconnaître », ai-je écrit avec un surligneur orange, et pour me moquer, j’ai ensuite gribouillé sa tête avec une grande bouche pleine de petits crocs.

Je suis allé en direction de sa chambre, où j’ai surveillé quelques instants si aucun papier ne se montrait, puis de retour dans la mienne, un nouveau papier est arrivé dès que j’ai fermé la porte.

« Mais c’est moi ! »

Je ne comprenais pas, d’habitude on se serait chamaillés, mais cette fois elle approuvait tout ce que je disais. Une nouvelle stratégie ? Je m’en amusais d’avance bien qu’un peu perturbé par la vitesse des réponses.

« Tu t’es prise pour sonic ? »
Cette fois, pas de retour immédiat. Puis une ou deux minutes plus tard, j’ai de nouveau vu le petit carré de papier sortir lentement de sous ma porte.

« Belle prise »
Toujours avec ce même surligneur rose illisible.

Je ne comprenais pas de quoi elle voulait parler, je cherchais une référence, mais sans succès. Puis, je me suis souvenu du Mew que je venais de capturer. J’ai rapidement écarté cette hypothèse. Elle ne pouvait pas savoir, ça datait d’une heure. Ça ne pouvait pas avoir de lien.

Je me suis empressé de répliquer : « de quoi tu parles ? J’ai raté un épisode ? »

Au moment où elle allait glisser son message, sa porte n’a fait presque aucun bruit. Perplexe, j’ai ouvert la porte brusquement, mais rien, personne. Je voulais tout de même rester discret à cause des parents.

« sur ton jeu pokémon »

L’écriture devenait de plus en plus soignée et serrée, mais toujours au feutre. Comment aurait-elle pu deviner ? J’y passais du temps après tout. Cette fois je n’avais pas envie de répondre, j’étais un peu mal à l’aise. J’ai laissé tomber l’échange, avant de prendre une bande dessinée en me glissant sous mes couvertures.

Un autre message. Encore.

« alors on m’abandonne pour de la lecture ? »

Cette fois le message était écrit au feutre noir. En plus du message, il y avait le portrait d’une petite fille souriante, avec des dents pointues. Cette fois, j’ai eu vraiment peur. J’osais à peine fermer le verrou de ma porte. Puis j’ai décidé de poser un t-shirt dans la fente sous ma porte.

« C’est bon tu as gagné… j’arrête de jouer »

Le lendemain durant le petit déjeuner, après une nuit agitée, je croisais ma mère se préparant un café. Il manquait le bol de ma sœur, alors, surpris, je lui ai demandé :

« Elle n’a pas cours aujourd’hui ?
– Tu sais bien qu’elle est partie en Bretagne 4 jours avec l’école. »

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