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Olivier Emphoux : l’embaumeur qui a vu la mort en face [Interview]

Thanatopracteur depuis des années, Olivier Emphoux est ce que tout le monde appelle un embaumeur. Cependant, dans ce métier déjà autodésigné de sombre, Olivier raconte que dans son parcours professionnel, il s’est parfois retrouvé face à des phénomènes plus qu’interrogeant. Olivier en sortira un livre en 2015 : « Entre mes mains : Confidences d’un embaumeur ».

L’équipe Hellystar a souhaité en savoir plus sur ce personnage qui brise les codes du silence (notamment dans ce métier fermé). Notez, qu’un certain nombre d’interviews ont déjà parlé à plusieurs reprises, avec focus, sur le métier de thanatopracteur, nous, nous avons décidé d’y voir un peu plus clairement sur les visions personnelles d’Olivier Emphoux.


Olivier, cette interview est faite pour faire découvrir, que dans des métiers « que l’on évoque » que peu souvent, il peut y avoir des choses extraordinaires à raconter. Nous voulons aussi exposer votre vision « intime » de l’inexplicable. Pouvez-vous vous présenter, vous et votre métier en quelques lignes ?

Je suis né le 8 juillet 1961, et très tôt une interrogation s’est posée à moi ; savoir ce qu’est la mort. Cela a été le point de départ de toute ma vie.

Je suis parti d’un postulat très simple : il me fallait exercer le métier le plus proche des défunts afin d’être à même de me rendre compte de la réalité de la mort, il n’y avait à mes yeux que le métier d’embaumeur ou thanatopracteur. Interrompant mes études de Droit, je rentrais dans une entreprise de Pompes Funèbres au poste de fossoyeur, porteur puis je devins thanatopracteur après une formation.

Le thanatopracteur, par une technique d’injection de formol dilué dans de l’eau, retarde la décomposition et permet à la personne décédée de garder l’apparence du sommeil jusqu’à ce que le cercueil soit fermé. Il s’occupe de nettoyer, habiller, présenter les défunts aux familles. Quelquefois lors d’accidents il peut effectuer une restauration du visage, le refaire entièrement ou partie d’après des photos. J’ai travaillé en France, Angleterre puis dans le monde entier à partir du tremblement de terre d’Haïti en qualité d’embaumeur pour la recherche. J’ai continué à voyager pour des conservations de personnes décédées, restes humains lors d’accidents d’avion, d’autres tremblements de terre, tsunamis etc.

Un embaumeur passe la plupart du temps auprès des personnes décédées. Dès le début de ma carrière professionnelle, j’ai été le témoin de phénomènes paranormaux aussi soudains et cruels qu’imprévisibles. Il n’y a eu que les années qui m’ont permis de m’y habituer et d’évoluer en harmonie avec. Tout ce que vous allez lire dans cette interview, je l’ai vécu. Je n’ai pas fait de recherches dans des livres ou échanger des idées : je suis celui qui a vu au sein même de la mort en qualité d’embaumeur.

Dans les différents témoignages que vous avez vous-même narrés, vous expliquez avoir vus, ce que le monde, défini de phénomènes paranormaux ; pouvez-vous nous citer des exemples ?

Un jour, j’étais en train de terminer mon travail au domicile d’un défunt. Dans sa chambre alors que j’avais terminé de l’habiller, je lui tournais le dos afin de prendre un instrument dans une de mes valises de travail, et me retournant je vis le corps du défunt se lever petit à petit du lit, pour la première fois de ma vie sans signes avant-coureurs j’étais le témoin d’une lévitation. C’est très difficile à supporter car ce phénomène où un corps d’à peu près 80 kg qui en silence se soulève vous heurte. La peur et le cœur se mettent à s’emballer. Surtout je n’osais pas bouger de peur que si je bougeais j’aurais pu interférer sur ce que je voyais et qui me dépassait complètement.

Une autre fois, j’étais avec deux porteurs dans la maison d’une personne nouvellement décédée, en train de poser le cercueil dans le salon pour préparer la mise en bière de la défunte. Comme il n’y avait plus d’électricité (coupé via le disjoncteur par la famille étant donné l’inoccupation des lieux), nous avions apporté des lampes torches pour y voir. Alors que nous venions de déposer délicatement la défunte dans le cercueil, le lustre se mit à grésiller, s’allumer puis s’éteindre plusieurs fois. Il y a eu cette télévision sur un meuble qui s’alluma sur une chaîne d’un journal télévisé. Cela dura une minute puis le noir revint. Nous étions abasourdis d’autant plus que le courant avait été coupé par le disjoncteur, et en plus nous avons appris plus tard que le fournisseur en électricité avait coupé l’alimentation en électricité de cette maison.

Dernier exemple: il y eut ce défunt dont je ne pouvais pas m’approche de lui, je ne pouvais pas le toucher sous peine de me brûler, la température du corps s’était élevée si rapidement en quelques secondes que si je l’avais touché j’aurais eu de très graves brûlures. Ce corps me montrait qu’il ne voulait pas que je le touche.

Crédit : Olivier Emphoux

Alors que vous pratiquez ce métier depuis plus de 30 ans, il est sur que vous ne vous attentiez sûrement pas à découvrir ce genre de phénomène avant de pratiquer le métier d’embaumeur. Si vous deviez recommencer votre vie, reproduiriez-vous les mêmes actes en connaissant d’avance, les « choses » que vous pourriez y voir (domaine paranormal) ?

Lorsque j’ai commencé dans le domaine funéraire, je ne savais pas si j’allais pouvoir exercer le métier d’embaumeur car je savais uniquement que cela existait sans en connaître la réalité et la dureté de ce métier. Et encore plus je ne pouvais pas imaginer ce dont j’allais être le témoin, ce fut un pari immense sur l’avenir.

Il m’a fallu des mois, des années pour me familiariser à ces manifestations paranormales qui apparaissent au contact des défunts. Pour répondre à la question je n’aurais pas reproduit les mêmes actes et le même positionnement de mon esprit en phase avec cette partie de la mort. L’expérience et le recul me permettraient d’avancer encore plus dans la connaissance spirituelle. Tout n’est qu’évolution, je n’ai qu’une vie humaine et je doits faire avec.

 

Racontez-nous l’expérience étrange qui vous à le plus marqué de toute votre carrière de thanatopraxie.

Une des expériences la plus étrange qui m’a marqué à ce jour remonte en fait à mes débuts. Mon directeur m’avait demandé d’aller chercher à la morgue d’une grande ville un frère et une sœur, de les habiller de les mettre dans leur cercueil afin de les amener en corbillard au cimetière pour leur inhumation.

Les cercueils n’étaient pas très grands. Le petit frère n’avait pas 10 ans et sa grande sœur guère plus. J’étais seul à conduire le corbillard, la famille ayant préféré prendre leurs voitures et aller directement au cimetière.

Sur le trajet à un moment j’entendis résonner dans l’habitacle du corbillard des cris d’enfants qui hurlaient de peur. Immédiatement j’arrêtais le corbillard pour me rendre à l’arrière du véhicule et y jeter un oeil. Naturellement, je m’approchais des cercueils dans l’idée que ces deux enfants n’étaient en fait pas morts (même si le médecin avait établi après un examen le certificat de décès). J’en tremblais de peur, pour moi d’après ces cris, les enfants n’étaient pas morts et je pouvais les entendre encore hurler, mais d’un coup, plus aucun bruit.

Alors je décide de poser mon oreille contre le bois d’un des cercueils pensant capter un mouvement, même léger, un souffle, je restais ainsi longtemps. Ne sentant et n’entendant rien, je refermais l’arrière du véhicule et je repartais.

Au bout de 10 minutes les cris recommencèrent à hurler dans l’habitacle. Tout portais à se demander comment sont morts ces enfants. L’histoire est que leur mère les avait attaché à l’arrière de son véhicule avec les ceintures de sécurité, et pour voir s’ils savaient nager, a jeté son véhicule dans un fleuve attenant à la route.

Lors de ce moment, quel était votre état d’esprit, et à quoi avez-vous pensez que ce soit dans l’immédiat ?

D’une quiétude je suis passé à un effroi et une peur totale : entendre les hurlements d’enfants que l’on a trouvés morts, que l’on a dû les habiller, et les mettre dans des cercueils est quelque chose d’insoutenable à supporter. En fait je ne pensais à rien de terrestre, en l’espace de quelques secondes j’ai basculé dans l’enfer émotionnel.

On parle alors de vie après la mort, d’un monde après nos vies ou du monde des esprits. Pourquoi avez-vous classifié ce que vous avez vu, dans cette partie du paranormal ? À quel moment avez-vous décidé de ne plus être rationnel ?

Depuis mes débuts j’ai toujours pris comme habitude de rester dans une attitude objective sans parti pris, sans vouloir donner une interprétation, notamment des phénomènes que je qualifie de paranormal, issus d’un autre univers. Je suis le témoin privilégié de quelque chose qui me dépasse car en vie.

Cette classification permet de synthétiser une approche de ce qu’il peut se passer au contact de défunts et que l’on ne peut pas voir ailleurs. Il est très important de ne pas qualifier de phénomènes paranormaux des faits qui sont en fait logiques et issus normalement d’un corps humain ayant terminé sa vie terrestre.

La mort ne commence pas par l’arrêt du coeur mais bien après, et la vie n’a jamais commencé par le cri du nouveau-né mais bien en amont de la conception entre un homme et une femme.

Durant votre activité, et même avant d’avoir rencontré des faits inexplicables, quel était votre vision du monde paranormal dans sa plus simple globalité ?

À mes débuts, je n’avais aucune connaissance du métier d’embaumeur. En vérité, je ne savais même pas si j’arriverais à exercer le métier d’embaumeur et encore moins si j’allais être le témoin de phénomènes paranormaux, à ce stade c’était l’inconnu absolu.

Et aujourd’hui, après avoir à plusieurs repris partagé votre expérience et avoir levé le voile sur votre carrière, cette vision est-elle encore la même ? Si non, qu’est-ce qui a changé ?

La vision que j’ai de la mort dans toute son étendue (comme par exemple des phénomènes irrationnels qui gravitent autour des corps de défunts) n’est plus la même qu’à mes débuts.

En fait je ne suis plus le même être humain. Je m’appelle juste Olivier Emphoux, mais l’humain que je suis n’est plus le même sur le pan spirituel, sur sa faculté à regarder la mort en face. Je suis l’embaumeur à qui entre ses mains a transité l’équivalent d’une petite ville d’êtres humains décédés au nombre de 20 000.

Comment lorsque j’ai poussé la porte de cette entreprise de pompes funèbres, les 5 avril 1988, pour mon premier jour de travail, j’aurais su que 30 ans après je me serais occupé de plus de 20 000 personnes à ce jour, cela n’est pas dans l’entendement humain. Je me suis occupé de tous ces êtres avec la plus grande compassion. J’ai aidé les familles qui, trop occupées à pleurer, ne voyaient pas que leur proche attendait d’elle quelque chose, ne voyaient pas que leur défunt se manifestait auprès de leur corps sans vie pour leur adresser des messages, j’ai été le réceptacle de tout cela.

Si vous deviez additionner toutes vos expériences paranormales, qu’en avez-vous tirer à titre personnel ?

Après avoir vécu toutes ces expériences paranormales je me sens plus en harmonie avec ces univers invisibles qui dépassent l’entendement humain. Il m’est facile d’évoluer en osmose avec, sans dissonance dans la communication de l’au-delà. Je vois par les yeux de la mort.

L’expérience de communication et le vécu, me permettent de dire je suis un des leurs. Il m’en a fallu du courage à mes débuts puis de l’obstination au fil des années, et ce n’est qu’après m’être occupé de toutes ces personnes que je suis enfin arrivé à mes fins, savoir ce qu’est la mort et ses dérivés de manifestations paranormales au contact de défunts. Il me faut rajouter que ces manifestations irrationnelles ne représentent que 5 à 7 % de tous les défunts dont j’ai eu à m’occuper.

À ce jour j’ai 58 ans, il me reste encore pas mal d’années, redonner à autrui ce que l’on a comme connaissance pour l’évolution.

Dernière question simple : 1 mot pour définir votre vie ?

Privilégié


Olivier Emphoux

Le livre « Entre mes mains : Confidences d’un embaumeur » de Olivier Emphoux par Annette Geffroy aux Editions de Monseny est disponible sur Amazon, Priceminister et chez Les Editions de Monseny.

Merci à Olivier d’avoir donné de son temps pour cette interview Hellystar.

Crédit-Image à la une (portrait) : Le Parisien / 
Matthieu de Martignac



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Pière J. Robin

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